Introduction

Guyenne :  « Altération du mot Aquitaine qu’elle a remplacé au XIIIe siècle. Le traité de Paris de 1259 désigna ainsi tout le territoire qui au sud-ouest de la France, était tenu en fief par les Plantagenêt. Ce duché de Guyenne (…) avait pour cœur la région bordelaise et, au sud, longeait l’océan jusqu’à la Navarre (approximativement les départements actuels de la Gironde et des Landes et la région bayonnaise). (…) Les limites de ce duché varièrent avec les vicissitudes de la domination anglaise. Uni au domaine royal en 1453 par le traité de Castillon, il forma bientôt un gouvernement militaire qui engloba la Gascogne au XIIe siècle. Il fut alors organisé en deux généralités : Bordeaux ou Basse Guyenne à l’ouest, Montauban ou Haute Guyenne à l’est. Sous l’ancien régime les pays de Guyenne rassemblaient le Bordelais, le Bazadais, le Condomois et l’Agenais, le Périgord, le Quercy et le Rouergue. (…) On peut cependant les définir comme les pays du nord de la Garonne ayant pour métropole Bordeaux. (…) »  (Encyclopaedia Universalis)

Le terme de Guienne ou Guyenne est à l'origine une altération occitane du latin Aquitania (Guiania) attestée dans la langue parlée au moins depuis le début du XIIe siècle.

Dieulivol se situe dans l'extrémité est de l’actuel département de la Gironde, en limite avec le département de Lot-et-Garonne. Le village occupe une belle position dans la vallée du Drot. La commune compte 263 habitants et s'étend sur une superficie de 1047 hectares ; elle est constituée de plusieurs hameaux. Le bourg, lui-même, ne comprend plus que quelques habitations, la mairie, l'école et une agence postale. Le site sur lequel a été édifiée l’église de Dieulivol, au sud du bourg, est particulièrement spectaculaire. Celle-ci se niche, en effet, dans un écrin de verdure, sur un promontoire rocheux qui domine la vallée ; elle seule continue à témoigner du passé de la paroisse. Aujourd'hui Dieulivol est surtout réputé pour la qualité de ses productions agricoles, vins et prunes d'ente notamment. Néanmoins la tradition de cette partie de l'Entre-deux-Mers a toujours été celle de la polyculture : arbres fruitiers, fraises, céréales, tabac, asperges... Le froment y a toujours tenu une place importante au même titre que la vigne, l'élevage a toujours été aussi très présent. Situé dans le nord du Bazadais, au coeur de la Guyenne historique, Dieulivol a été dès le XIIIe siècle une place fortifiée qui fut l'enjeu d'âpres combats, durant la guerre de Cent Ans, puis, lors des guerres de religion. Aujourd'hui  ne subsiste  plus aucun vestige de ces temps anciens. 

Dieulivol a vu le jour dans l'ancienne vicomté de Bezeaumes. La paroisse se situait au Moyen Age dans le duché d'Aquitaine puis releva, par la suite, du gouvernement de Guyenne et Gascogne. Au XVIIIe siècle Dieulivol était dans la généralité de Bordeaux et relevait de l'élection de Condom. Sur le plan judiciaire la paroisse relevait de la sénéchaussée de Bazas et était dans le ressort du Parlement de Bordeaux. Enfin, Dieulivol appartenait au diocèse de Bazas. Pendant près de quatre siècles le destin du village fut lié à celui de l'ancienne abbaye bénédictine de Saint-Ferme. Au XVe siècle la paroisse était dans la juridiction de Saint-Ferme et les abbés de Saint-Ferme étaient seigneurs de Dieulivol. Ils portèrent ce titre jusqu'à la Révolution française. 

Le territoire de la commune de Dieulivol est naturellement délimité par trois cours d’eau : à l’est le ruisseau de La Lane la sépare du Puy, à l’ouest le Dousset - autre affluent du Drot - la sépare de Baleyssagues, enfin au sud de la commune s'étirent paresseusement les méandres du Drot. Dieulivol se trouve enserré au milieu d’un ensemble de paroisses qui ont toutes vu le jour entre le XIe et le XIIIe siècles. Au nord se trouvent Sainte-Colombe et Pellegrue, à l'ouest Saint-Ferme et son abbaye bénédictine qui existait déjà en l'an 1080. Sur la rive gauche du Drot, face à Dieulivol, la commune de Cours et l'ancienne bastide de Monségur fondée par Eléonore de Provence épouse du roi d’Angleterre Henri III en 1262. A quelques kilomètres de là se situent le village de Taillecavat, ancienne possession des Albret,  dont l’existence est attestée dès le Xe siècle et Duras, dans le département de Lot-et-Garonne, dont le château fut érigé en 1137 par le vicomte de Bezeaumes. 

Paroisse de Dieulivol sur la carte de Belleyme

La paroisse de Dieulivol sur la carte de Guyenne dressée par Pierre de Belleyme
(cliquez dessus pour afficher en entier le feuillet 28)

Ces quelques pages ne sont pas le résultat d'un travail d'historien, elles n'ont pas pour autre ambition que de rendre accessible à tous les curieux et à tous les amoureux de l'histoire de notre région, des pans de la mémoire d'un passé commun. Cette première version du site sera corrigée et enrichie prochainement par de nouveaux passages consacrés au château de Dieulivol et à la Guerre de Cent Ans, à la vie dans la paroisse sous l'Ancien Régime, aux événements survenus lors de la Révolution, aux XIXe et XXe siècles, à la ligne de chemin de fer de Bordeaux à Eymet et à l'ancienne gare de Dieulivol, à la culture du chanvre et de la vigne, au moulin de Gallaud et à la navigation sur le Drot, à la Seconde Guerre Mondiale et à la période de l'Occupation ainsi qu'aux origines de la Fête de la Grotte... Vous pouvez d'ores et déjà retrouver les résultats de mes recherches dans un livre intitulé : Dieulivol, l'histoire oubliée d'un bourg du Haut Entre-Deux-Mers.  

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Dieulivol, l'histoire oubliée


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